
Porcupine Tree - Mellotron Scratch
Wow.
Nous sommes actuellement au surlendemain du 3 juillet. Je ne m'en suis toujours pas remis. Ce concert, mes aïeux, était simplement d'une beauté et d'une quintessence parfaite. J'ai passé les 38 dernières heures de mon existence à le vivre et le revivre, encore et encore. C'est la première fois de ma vie que je souffre autant de savoir que je ne serai plus jamais à un endroit précis, à un moment précis (Le 3 juillet 2007, à la Cigale, pour les deux du fond qui suivent pas).
Ni Jedi Mind Tricks, ni même Isis qui pourtant m'avaient envoyé sur un nuage, ne m'ont procuré autant de plaisir auditif et visuel en une représentation. Je le répète, je suis
*amoureux* de Steven Wilson, cet homme est un génie, un extra-terrestre.
Mais passons plutôt à un petit résumé de ce concert, on est là pour ça, après tout. J'arrive devant la Cigale à 18h pétantes, une bonne heure et demie en avance donc (pour m'assurer de recevoir le moindre postillon de Steven sur ma face, vous diront certaines mauvaises langues ; il est possible que je ne démente pas.) Surprise (ou pas) : déjà une bonne cinquantaine de personnes sont présentes, billet en main (dans le sac du moins, on est quand même dans le 18ème, faut pas déconnay LOLOL). Peu m'importe, à l'ouverture de la salle je rushe comme un
bôtôrd et m'octroie une place de choix au deuxième rang sur la gauche de la salle (àààà qui les beaux solos de guitare de John Wesley dans les mirettes ? àààà qui ?)
Début du concert, première partie,
Pure Reason Revolution. J'en avais entendu beaucoup de bien. J'avais également entendu que leur son en live se gâte un peu, devient trop fouillis,
well, j'ai bien peur d'être d'accord. Je me ferai une joie de découvrir leur musique sur album dès que l'instant sera opportun, jusque là je devrai me satisfaire du son loin d'être clair et de l'oversamplage presque indécent d'avant-hier soir.
Pour leur défense, on sent que ces jeunes ont du potentiel et une approche à la musique qui me correspond, à travers les quelques points positifs que j'en ai tiré, à savoir :
- Un très bon lead guitar, qui s'amuse beaucoup à expérimenter avec son instrument (
progressive, anyone ?), et sa palette de pédales au sol sur laquelle il jongle comme un joueur double-tapis de DDR tellement qu'elle est grande. Malheureusement, je n'ai que très rarement pu réellement distinguer le son de sa guitare du reste tellement c'était brouhahaque.
-

Chloe Alper. Non elle n'est pas uniquement
*extrêmement* sexy (bande de petits canaillous va.), c'est également une bassiste plutôt talentueuse, et surtout, une backvocalist hors-pair. Cette fille possède une voix à faire pleurer un spartiate, messieurs-dames. En ce qui concerne ses aptitudes au synthé, elle, euh, elle sait lancer un sample super bien. Et tout. Hum.
Voilà pour PRR, j'en parlerai à nouveau après les avoir écouté en studio, en espérant que je pourrai être plus élogieux, j'ai l'impression qu'ils méritent mieux que ce que cette performance laisse entendre.
Passons donc au vif du sujet :
Porcupine Tree. Leur installation tout d'abord ; j'avais rarement vu autant de belles Gibson Custom en un endroit. La Les Paul de Steven Wilson est d'une beauté assez ambitieuse ; elle est plaquée or, ce qui pourrait être ridicule sur quelqu'un d'autre, je l'accorde. (Tu me diras, Steven Wilson, il jouerait avec un balai qu'il aurait la classe.) La batterie était... Loin, trop loin, et ça m'attriste, car Gavin Harrison fut fantastique. La basse de Colin Edwin est laide, mais il est australien, il est donc normal qu'il ait des goûts de chiotte.
Le groupe fait son entrée sur le morceau titre du dernier album, Fear Of A Blank Planet. L'intro à la guitare jouée énergiquement par Steven m'a donné une poussée d'adrénaline comme je ne m'y attendais pas, et avant même que je ne puisse me rendre compte de ce qui se passait, le concert était lancé plein pot. Comme prévu, ils ont joué tout FOABP, entrecoupé de quelques classiques, comme Lightbulb Sun (Ooooh !) ou Blackest Eyes (YAISSE !).
La prestation entière était réglée au détail près, orchestrée et interprétée à la perfection. Chose étonnante, la voix de Steven en live, un peu moins modifiée (mais un peu quand même, hein Steven, je t'ai entendu sur Halo chanter façon Walkie-Talkie dans ton micro, fais pas l'innocent.), est d'autant plus belle qu'elle ne l'est sur album. Il est vrai que Porcupine Tree sont très friands d'effets post-production, et bien que le résultat est très beau, je suis un afficionados de la voix naturelle.
FACT: Steven Wilson joue pieds nus. C'est la CLASSE, les amis. Il a même un joli tapis sous ses petons pour éviter de glisser lorsqu'il s'emporte comme un taré sur le solo de Way Out Of Here. En parlant de Way Out Of Here d'ailleurs, passons aux temps forts. Leur interprétation de FOABP dans son ensemble était d'une beauté inégalable, mais certains passages ressortent très fortement.
Sentimental, morceau qui relate de la peur, ou plutôt du rejet du passage à l'âge adulte ; je ne parle pas ici du "OLOL j'ai 18 ans xD", mais bien de la responsabilité, de l'impossibilité de se reposer sur ses tuteurs, et implicitement de la culpabilité d'avoir gâché ces jours heureux sans fardeaux à ne pas en profiter. (Quand je vous DISAIS que c'était moi, cet album, les mecs, fallait me croire.) L'un des meilleurs morceaux de l'album en ce qui concerne les paroles, à mes yeux. En live, ce morceau prend tout son sens, les instruments s'enroulent autour des paroles, font ressortir toute la tristesse, et toute la culpabilité qui prend cet adolescent qui, il faut le dire, approche sérieusement du point de non-retour. Petit clin d'oeil, ce morceau finit sur le riff principal de Trains. Si vous ne comprenez pas pourquoi, écoutez mieux l'album.
Sullen and bored the kids stay,
And in this way wish away, each day...
Way Out Of Here donc, morceau suivant, est dans la trame de l'album ce que je qualifierais de "passerelle vers la fin". La prise de décision, le "Cette fois c'est décidé, je trouve un arbre isolé et je le fais" comme dirait Fuzati. C'est un morceau très fort, et comme le reste de l'album, il me fait demander comment Steven Wilson, approchant tout de même la quarantaine, a pu si bien capturer l'esprit torturé de la génération plus qu'étrange dont nous faisons partie. Sur scène, une fois de plus l'émotion est poussée à son paroxysme, et j'avoue être satisfait de mon bilinguisme, car la voix de Steven change réellement selon les paroles qu'il chante, un peu comme il est difficile de dire avec notre voix "habituelle" les phrases qui définissent notre existence, que ce soit une déclaration de rupture, un coming out, bref, toute énonciation baignée d'émotions fortes. Mention spéciale pour le refrain, accompagné par tout le public, comme assez régulièrement d'ailleurs.
Way out, way out of here
Fade out, wait up ahead
Anesthetize. Par où commencer.
Il est de notoriété publique que ce morceau est mon préféré de l'ensemble de la discographie de PT. 17 minutes de perfection, un son progressif poussé, des paroles qui, au bas mot, me définissent. Anesthetize est le quatrième morceau joué par Wilson et ses comparses, après les deux chansons qui le précèdent sur l'album et Lightbulb Sun. J'ai donc très rapidement été plongé dans ce que l'on pourrait appeler le "moment musical parfait", un moment que j'attendais plus ou moins depuis la sortie de FOABP. La chanson se décompose en trois parties. La première, que j'appelle "le doute", relate de la difficulté que rencontre notre adolescent à définir le mal qui le prend, et son refus de l'accepter. Les lignes de voix sont techniques, c'est le moins qu'on puisse dire, et Steven a chanté à la perfection, comme à son habitude. Un orgasme du tympan.
I simply am not here, no way I... Shut up, be happy, stop whining please...
La deuxième partie, appellée par Wesley "The pills that I'm taking", entretient sur la vie sans but de consommateur insensible à laquelle nous pousse d'une part notre société, de l'autre les médicaments que l'on prescrit à la moindre déprime de nos jours. Les visualisations du concert laissaient voir une pilule de Codéine, mais je ne peux bien entendu pas m'empêcher de penser à l'état dans lequel m'ont laissé le Prozac et mes Anxiolytiques. Une partie très instrumentale, avec un solo de John Wesley différent de celui de l'album (normal, il est interprété par Alex Lifeson de Rush, et toi même tu sais c'est la tehon pour un guitariste de jouer un solo qu'il n'a pas composé.). Un résultat différent donc, mais plus qu'appréciable.
Only apathy, from the pills in me
It's all in me, all in you...
La troisième partie enfin, très calme, très mélancolique, nous parle de l'événement qui, je pense, est à l'origine de la descente aux enfers de notre petit pote. (Comment je sens que ça va être à base de femme ça, am I right guys ? *wink wink*) Je dirai simplement que l'interprétation de cette partie m'a mis en transe, et je laisse place aux paroles.
The water so warm that day... I was counting out the waves...
And I followed their short life... As they broke on the shoreline
I could see you... But I couldn't hear you...
You were holding your hat in the breeze...
Turning away from me, in this moment, you were stolen...
There's black across the sun.
Oh Snap ! Un malheur amoureux. Figures.
Les chansons de leur back-catalog contenaient également leur lot de perles, avec un highlight lors de l'interpétation de Mellotron Scratch, à mes yeux. Cette chanson ne m'avait jamais réellement séduit plus qu'une autre, et pourtant elle m'a émerveillé en live. L'instrumental à deux guitares de Wesley et Wilson est d'une beauté dont seul PT est capable.
En un mot comme en 100, ou plutôt en 5000 vu la taille de ce billet, ce concert m'aura laissé des souvenirs qui risquent de me hanter pendant très longtemps. Au moins jusqu'en décembre, puisqu'ils repassent à l'Olympia et que j'y suis grave méchant. Ah oui, il m'aura laissé autre chose : le médiator Gibson de John Wesley ! Je vais le faire encadrer le truc, il ne *quitte* pas ma chambre, c'est clair et net. Merci Porcupine Tree, merci Steven Wilson, je vous aime et suis reconnaissant.
And I'm looking at a blank page now...
Should I fill it with words somehow...?